Points clés de l'article
- On croit être partout parce qu'on a une fiche Google : c'est une vitrine dans une seule rue, quand vos clients se promènent dans toute la ville.
- Les supports s'atomisent : Google, Instagram, Facebook, LinkedIn, TikTok, Pages Jaunes, Apple Plans ont tous leur champ de recherche, et les internautes passent de l'un à l'autre.
- Google reste dominant, mais il est lui-même pluriel : moteur, Aperçu IA, Maps, YouTube ne montrent pas la même chose.
- Les IA font les courses pour l'internaute : elles cherchent partout où elles le peuvent, y compris dans Pages Jaunes et sur LinkedIn.
- Chaque outil a son propre classement : selon l'IA interrogée, votre client ne rencontre pas les mêmes noms.
- Être visible partout n'est pas un absolu : selon votre métier, certains supports comptent plus que d'autres.
- Être visible sur plusieurs supports, c'est se donner des chances d'être cité : tenir sa fiche Pages Jaunes, c'est aussi du référencement.
Sommaire
« J'ai une fiche Google, j'ai tout ce qu'il faut, mais ça ne fonctionne pas. » Je l'entends souvent. Chez des artisans, des architectes, des professions libérales.
On croit être partout parce qu'on est quelque part. Une fiche Google, c'est une belle vitrine. Dans une seule rue. Pendant que vos clients se promènent dans toute la ville.
Mon travail consiste à ouvrir des vitrines là où l'on passe, et à faire en sorte qu'elles racontent toutes la même chose. C'est ainsi que je construis votre visibilité locale.
Vos clients ne cherchent plus sur une seule plateforme
Il fut un temps où chercher, c'était « googler ». Le verbe est resté. L'habitude, beaucoup moins.
Google reste le premier point d'entrée. Mais Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok, Pages Jaunes et Apple Plans ont tous un champ de recherche. Ils ne l'ont sans doute pas mis là pour faire joli. YouTube a son propre moteur. Et il appartient à Google.
Et les internautes passent de l'un à l'autre comme on zappe : un nom sur LinkedIn, une réalisation sur Instagram, un itinéraire sur Apple Plans, un avis sur Google. La même personne, le même projet, quatre portes différentes.
Google lui-même n'est plus une maison, c'est un quartier : le moteur, l'Aperçu IA, Google Maps, YouTube. Et chaque rue n'a pas la même vitrine. Sur 288 requêtes que je suis pour mon activité, relevées début octobre sur mobile dans les Côtes-d'Armor, l'Aperçu IA apparaissait sur plus d'une requête sur deux sans nom de ville. Avec un nom de ville : 4 %. Même quartier, deux paysages.
J'en parlais en présentant le référencement naturel : Google domine, mais la recherche s'atomise. Et les réseaux sociaux ne servent pas qu'à se montrer : on y cherche aussi.
Les IA font les courses à votre place
Les IA ajoutent une couche. Une IA, c'est un peu un comparateur d'assurances : elle interroge plusieurs sites à la fois, et vous présente une sélection de propositions. Encore faut-il être dans la sélection. Posez une question à ChatGPT : il ne se contente pas de répondre de mémoire. Il part faire les courses pour l'internaute, et il passe dans tous les rayons où on le laisse entrer.
Je le vois sur les réponses que je suis pour mon propre site. En septembre, ChatGPT est allé lire des profils LinkedIn dans ses recherches de fond. Et l'Aperçu IA de Google citait parmi ses sources une page Pages Jaunes. Oui, Pages Jaunes. L'annuaire qu'on croyait rangé au fond du tiroir de la cuisine nourrit aujourd'hui les intelligences artificielles.
Une IA peut donc citer votre nom à partir de Pages Jaunes, ou de LinkedIn. Pas seulement à partir de votre site, ni de votre fiche Google.
Et chaque IA a ses goûts. En septembre, sur « référencement local à Dinard », ChatGPT me citait dans 6 réponses sur 7. Gemini, dans aucune. Pour un concurrent, c'était l'inverse. Aucun de nous deux n'est meilleur un jour sur deux : selon l'outil qu'il ouvre, votre client ne rencontre simplement pas les mêmes noms. Remplacez « consultant » par « architecte » ou « dentiste » : la mécanique est la même.
Plus de portes, plus de chances d'être cité
Chaque support est une porte de plus. Pour l'internaute, et pour l'IA qui frappe à sa place.
Reprenons Pages Jaunes, puisqu'on la disait finie. Sur l'iPhone, Apple Plans est la carte ouverte par défaut. Tant que votre fiche n'y est pas revendiquée, elle reprend les données de Pages Jaunes. Un vieux numéro oublié sur Pages Jaunes peut donc voyager jusque dans la poche de vos clients.
Google, lui, affiche parfois un onglet Pages Jaunes à côté de ses propres fiches. Fin octobre, vu depuis Dinard, sur « consultant marketing digital », je n'étais pas dans les trois fiches Google. J'étais premier de l'onglet Pages Jaunes, avec deux avis. La plateforme qu'on disait dépassée m'a ouvert la porte que ma fiche Google laissait fermée. Et cet onglet, je l'ai vu aussi sur « architecte » et « menuisier ».
Tenir sa fiche Pages Jaunes, c'est donc aussi du référencement. À une condition : que toutes vos vitrines racontent la même histoire. D'où l'intérêt de travailler vos fiches Google, Pages Jaunes et Apple Business ensemble. Trois vitrines qui se contredisent, le client les voit côte à côte.
Partout, mais pas n'importe où
La recherche est partout. Ça ne veut pas dire qu'il faut être partout de la même façon. Être visible partout n'est pas un absolu : c'est relatif à votre activité.
Selon votre métier, certaines portes comptent plus que d'autres. Pour un architecte, en plus du site et de la fiche Google, une présence suivie sur LinkedIn, sur Houzz et sur Architectes pour tous, l'annuaire de l'Ordre, est indispensable.
Et être présent ne suffit pas. Avoir une fiche ou un site, et les nourrir, sont deux choses différentes. Ouvrir une vitrine, c'est une chose ; y renouveler la marchandise en est une autre. Sur Architectes pour tous, je croise des fiches qui annoncent encore : « Cet architecte n'a pas encore diffusé son book. » La vitrine est ouverte. Elle est vide.
Un site dont la dernière actualité date de trois ans, une fiche créée puis abandonnée : même mauvais signal, à Google comme à vos prospects. Une IA, elle, prendra ce qu'elle trouve.
Pour un architecte ou un chirurgien-dentiste, chaque vitrine reste dans le cadre de votre code de déontologie : de l'information, sans superlatif ni promesse.
Pourquoi ne pas tout tenir vous-même ?
Tenir plusieurs vitrines, ce n'est pas ouvrir des comptes et publier de temps en temps. Chaque vitrine a ses règles, ses champs, son vocabulaire. Et toutes doivent raconter la même histoire : même nom, même adresse, mêmes horaires, mêmes services.
Vous avez un métier, des chantiers ou des patients. Passer vos soirées à comparer vos horaires entre Google, Pages Jaunes et Apple Plans n'en fait pas partie.
Mon travail, c'est de choisir avec vous les vitrines qui comptent pour votre métier, de les mettre en cohérence et de les nourrir. Vous décidez de ce que vous voulez dire. Je m'occupe de le dire partout de la même façon.
Reste une question : lesquelles de ces vitrines travaillent vraiment pour vous ? Plus elles se multiplient, plus les surveiller devient un sujet en soi. J'y reviens dans un prochain article.
Mon parti pris
« Tenir sa fiche Pages Jaunes ou son profil LinkedIn, c'est aussi du référencement. »
On dit Pages Jaunes dépassée, bonne pour le fond du tiroir. Je pense le contraire. Pages Jaunes nourrit Apple Plans, Google l'affiche à côté de ses propres fiches, et les IA la citent. Vous avez peut-être une fiche Pages Jaunes sans le savoir. Et c'est peut-être elle qu'Apple Plans ou une IA montre à vos clients.
La recherche s'est atomisée, mais les anciennes plateformes n'ont pas disparu : elles ont changé de rôle. Une fiche Google et un site bien tenus sont indispensables, mais ne suffisent plus.
— Frédéric Petit

